Le DPE est devenu l'un des critères les plus scrutés par les acheteurs et les banques. Pourtant, les annonces gouvernementales de ce printemps 2026 changent la donne — parfois en votre faveur, sans aucun travaux.
1. Le bonus gratuit du DPE électrique — déjà actif depuis janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, la méthode de calcul du DPE a changé. Le coefficient de conversion de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9.
Concrètement : un logement chauffé à l'électricité qui consommait 180 kWh/m²/an était comptabilisé à 414 kWh/m²/an en énergie primaire — soit un classement G. Avec le nouveau coefficient, il tombe à 342 kWh/m²/an — soit un classement F, voire E selon les cas.
Environ 850 000 logements en France ont déjà gagné une classe énergétique, sans aucun travaux.
L'action simple : Munissez-vous de votre numéro de DPE (13 caractères) et téléchargez gratuitement votre attestation mise à jour sur le site officiel : Accéder à l'Observatoire DPE de l'ADEME. Elle a la même valeur légale que l'original.
2. DPE et financement bancaire : l'angle mort que personne ne vous dit
C'est le point que les vendeurs découvrent souvent trop tard, au moment où une vente tombe à l'eau.
Depuis 2023, le DPE a une incidence directe sur la capacité d'emprunt de votre acheteur :
- Certaines banques appliquent une décote sur le montant empruntable pour les biens classés F et G. Votre acheteur peut emprunter moins — ce qui réduit mécaniquement le nombre d'acquéreurs solvables pour votre bien.
- Un DPE dégradé est devenu un argument de négociation systématique. Les notaires et agents le confirment : sur un bien à 400 000€ classé F ou G, la décote négociée par l'acheteur se situe souvent entre 5 et 8%, soit 20 000 à 32 000€ de moins dans votre poche.
- À l'inverse, un DPE amélioré rassure les banques et maintient votre prix de vente sans subir ces décotes injustifiées.
Un DPE à jour n'est pas qu'une formalité administrative — c'est un levier direct sur votre prix de vente.
3. Louer pour financer : le virage "Relance Logement"
Le 23 avril 2026, le gouvernement a annoncé un changement de méthode majeur pour les propriétaires bailleurs : les passoires thermiques classées F et G pourront de nouveau être louées, à condition de signer un engagement formel de rénovation.
- Pour les appartements en copropriété à Paris : 5 ans pour réaliser les travaux
- Pour les maisons individuelles : 3 ans
L'avantage : les loyers perçus pendant cette période servent à financer tout ou partie de la rénovation. Si les travaux ne sont pas réalisés dans les délais, le logement redevient interdit à la location.
Dans nos quartiers du 10e et du 9e, où la majorité des biens sont en copropriété, ces 5 ans sont une véritable bouffée d'oxygène pour planifier vos travaux sans précipitation.
Le projet de loi "Relance Logement" sera examiné au Sénat en juin 2026, avec une adoption prévue fin 2026. En attendant, les règles actuelles restent en vigueur.
Ce que ça change concrètement pour vous
Avant de baisser votre prix ou d'envisager de lourds travaux, deux réflexes simples :
- Vérifiez votre DPE sur le portail de l'ADEME pour voir s'il a gagné une classe gratuitement.
- Évaluez l'impact sur votre prix de vente — un DPE amélioré peut éviter une négociation à la baisse de 20 000 à 30 000€.
Ces questions méritent une analyse précise avant toute décision.
Au-delà de la réglementation, la vraie question est : votre DPE actuel reflète-t-il encore la valeur réelle de votre patrimoine aujourd'hui ?
Valérie Dang Vu — Conseillère en immobilier, Capifrance Paris 10 - 06 63 53 59 90